N° PM52001510 - char : obusier automoteur M8 EDITH, ex BREIZ ATAO

 
Emplacement : à la sortie du village en direction de Neufchâteau
Emplacement D520001
  52700 Andelot-Blancheville
Image manquante

Informations :

Adresse forme index : Neufchâteau (route de)
Auteur de l'oeuvre : Cadillac (constructeur)
Catégorie technique : patrimoine automobile;armurerie
Commune forme index : Andelot-Blancheville
Copyright : © Monuments historiques
Année de creation : 1942;1944
Dénomination : char
Date du récolement : 2006
Description : Le châssis du M8 est identique à celui des chars de combat M3-M5 avec un roulement constitué d'un barbotin avant à 13 dents, deux chariots à galets, trois rouleaux porteurs de chenilles et une large poulie de tension arrière articulée. L'obusier est propulsé par les deux moteurs Cadillac refroidis par air du M5, d'une puissance totale de 295 CV, qui lui confèrent la même vitesse maximale que le M3, soit 58 km/h. Le réservoir d'essence, d'une capacité de 337 litres, lui donne une autonomie de 200 km, plus importante que celle de ses prédécesseurs.£Bâti blindé. Si la carrosserie, constituée de plaques soudées, est pratiquement identique à la famille de chars M3-M5, la tourelle est entièrement différente : elle est sensiblement élargie afin de permettre l'installation de l'obusier, d'un calibre de 75 mm. Le toit de la tourelle est supprimé, ce qui permet à l'équipage d'avoir une meilleure visibilité mais l'expose davantage aux tirs ennemis. Cette tourelle ne permet d'emporter que 46 obus, ce qui sera vite considéré comme insuffisant et contraindra à concevoir une remorque tirée par le char pour servir de réserve à obus. L'armement est complété par une mitrailleuse de 12,7 mm montée sur affût au-dessus de la tourelle et, selon les versions, une ou plusieurs mitrailleuses de 7,62 mm.£L'obusier automoteur M8 est servi par quatre hommes : le pilote est assis à l'extrémité avant gauche de la caisse, l'aide-pilote à ses côtés; le commandant de char et le tireur occupent la tourelle.
Dimensions : h = 2,40 m, la = 2,25 m, l = 1,44 m, poids en charge = 15,8 tonnes ; vitesse moyenne 45 km/h, maximum 60 km/h ; capacité des réservoirs (essence) = 320 l, autonomie 8 h soit 250 km.
Date de la derniere mise a jour : 2024-06-27
Date de création de la notice : 2012-02-21
Domaine : PIST-Automobile
Date et typologie de la protection : 2011/09/09 : classé au titre objet
Etat : hors état de marche;oeuvre restaurée
Cadre de l'étude : liste objets classés MH
Lieu de création : lieu d'exécution : USA, Michigan, Detroit
Historique : Si le char M3 et ses dérivés avaient assez vite montré leurs insuffisances, il était tentant, sur la base de leur châssis, d'extrapoler un engin blindé chargé de soutenir les éléments de reconnaissance. D'où la mise au point de l'obusier automoteur M8. Les obusiers automoteurs type M8 seront construits à 1778 exemplaires par les usines Cadillac de Detroit (Michigan) entre le début de l'année 1942 et l'arrêt de leur production, au mois de février 1944 (à titre de comparaison, le char de combat Sherman sera construit à 49230 exemplaires). Si certains de ces véhicules blindés semblent avoir combattu sur le front du Pacifique, leur principal terrain d'utilisation sera la Normandie où un nombre conséquent parvient en France suite au Débarquement du 6 juin 1944. Ils équipent les unités américaines mais aussi les unités françaises.£Rattaché au 1er Régiment de marche des Spahis marocains / 4ème escadron intégré à la 2ème DB, l'obusier automoteur BREIZ ATAO (Bretagne toujours) débarque à Utah Beach à Saint-Martin-de-Varreville le 3 août 1944. Il est rebaptisé EDITH en l'honneur d'une personne instituée comme marraine rencontrée lors de la libération de Neuilly-sur-Seine. Son équipage est formé du maréchal des logis Le Fustec, chef de char, du brigadier-chef René Charton, tireur, du brigadier Robert Derocle, chargeur, du pilote Jean Le Moign et de l'aide-pilote Norbert Pottier. Il est détruit par une charge de panzer faust (arme portative anti-char allemande) lors de l'approche de l'agglomération d'Andelot-Blancheville, près de Chaumont (52), en soutenant une mission de reconnaissance mené par l'aspirant Jehan Dunoyer de Segonzac. L'équipage parvient à évacuer et à se mettre à l'abri, à l'exception du brigadier Derocle, éjecté sur la chaussée et qui succombera sous les balles ennemies. Face à cette résistance, le peloton est contraint de battre en retraite dans des conditions difficiles avant de revenir à la charge le lendemain et d'emporter la décision face aux troupes allemandes. Ces deux jours de combat pour la libération d'Andelot auront coûté la vie à neuf soldats français.£L'épave du char EDITH est rachetée par la commune aux domaines de l'État pour une somme de 20 francs dès 1947. Il sera exposé tout d'abord derrière l'église avant de trouver place en septembre 1971 à la sortie du village d'Andelot sur la route de Neufchâteau où il est érigé en monument commémoratif départemental de la libération du territoire par la 2ème Division blindée. Une borne, la première implantée, indique l'itinéraire emprunté par la 2e DB lors de la Libération. Y sont rappelés le serment de Koufra (citadelle du Sahara libyen, qui engage les combattants à ne cesser le combat qu'après avoir libéré Strasbourg et Metz) et le débarquement sur la plage de Varreville. Les noms des 9 soldats français, des 2e DB, 13e Génie, 501e Régiment et 111e Régiment de marche du Tchad, décédés pour la libération d'Andelot, sont gravés sur une plaque disposée au pied du char.£De manière paradoxale, alors que ce véhicule n'a pas été construit en un nombre important par rapport aux standards américains, les exemplaires survivants sont relativement nombreux : en France, le musée des blindés à Saumur conserve trois spécimens de ce modèle, l'un restauré et exposé, les deux autres en état passable en réserve. Un quatrième M8 est préservé en état de marche par l'association de collectionneurs Ardennes 1944 à Deville (08), un cinquième, en état de présentation, au camp militaire de Canjuers (83) et un sixième, toujours en état de présentation statique, dans un musée privé d'Azay-le-Rideau (37). À ces exemplaires plus ou moins complets s'ajoutent deux épaves stockées, l'une au musée août 1944 de Falaise (14), l'autre à Wantzenau (67) par une association pour la préservation du patrimoine militaire. Ce qui nous donnerait un total de neuf exemplaires sur le territoire français. À l'étranger, cinq obusiers automoteurs M8 seraient conservés au x USA, un au Mexique et un autre à Taiwan. Il est également possible que quelques exemplaires aient survécu au Vietnam puisqu'ils équipaient l'armée sud-vietnamienne qui les avait reçus de l'armée française.
Liens externes : http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/palissy/PDF/PM52001510.pdf
Lien vers la base Archiv MH : https://archives-map.culture.gouv.fr/archive/recherche/simple/n:19?RECH_S=PM52001510&RECH_DocumentsNumerises=0&Archives.RECH_Valid=&type=simple
Matériaux : acier : peint
Numéro de l'arrêté de protection : 2011-060
Observations : En quoi un obusier se distingue-t-il d'un char de combat ? Au lieu d'être équipé d'un canon à tir tendu et à longue portée pour combattre les chars et l'artillerie adverses, l'obusier automoteur est doté d'un canon court, à relativement courte portée et à tir courbe, afin de soutenir les automitrailleuses légères de reconnaissance affectées aux divisions blindées et d'effectuer des frappes précises sur d'éventuels points de résistance adverses. Ce n'est donc pas, à proprement parler, un char de combat, c'est un canon automoteur d'appui-feu.£Le char d'Andelot est le seul de ce type servant de monument aux morts en France. Seuls deux chars sont actuellement classés monuments historiques en France : un char Mark IV anglais de 1917 (à Flesquières, 59) et un char Tigre allemand de 1942 devenu monument commémoratif (à Vimoutiers, 61).
Précision sur la dénomination : obusier automoteur M8
Précision sur_l'état : L'engin n'est plus en état de marche et il a été démilitarisé : les moteurs et dispositifs électriques ont été enlevés par l'armée. Il reste à l'intérieur le berceau des canons. Il a aussi été désamianté. L'Amicale départementale des anciens de la 2ème DB l'entretient régulièrement. En 2002, EDITH a subi une réhabilitation importante : sablage, décapage mécanique, application d'une couche d'antirouille bichromaté, d'une couche de peinture sans plomb avec restitution des marquages d'origine. En juin 2004, l'obusier a bénéficié d'une couche de vernis acrylique anti-graffiti (à deux composants polyuréthanes en version acrylique sans solvants). Il est en bon état de conservation mis à part les chenilles, attaquées par la rouille.
Typologie de la protection : classé au titre objet
Siecle de création : 2e quart 20e siècle
Statut juridique du propriétaire : propriété de la commune
Adresse forme éditoriale : route de Neufchâteau
Commune forme editoriale : Andelot-Blancheville
Typologie du dossier : dossier individuel